PETITE HISTOIRE DE L’ÉCRIVAIN PUBLIC

 

Du ciseau de scribe au clavier de nos ordinateurs, en passant par la plume d’oie, l’écriture n’a eu de cesse de faire couler de l’encre au fil du temps.  Car, si derrière chacune de ces techniques se trouve la main de l’homme, écrire, c’est avant tout « essayer méticuleusement de retenir quelque chose…, laisser, quelque part, un sillon, une trace, une marque ou quelques signes » (Georges Perec, Espèce d’espaces). Écrire, c’est raconter la Vie.

 

L’ancêtre de l’écrivain public, en Occident, était le scribe. Dès l’Antiquité, il fut en effet le premier, en Égypte, à déplier son écritoire sur les places publiques. Appartenant à une « caste » de lettrés, il devait étudier pendant une douzaine d’années l’écriture hiéroglyphique et hiératique, mais aussi la grammaire, les textes classiques, les langues étrangères, le droit, la comptabilité… Véritable intellectuel dans une société où très peu de personnes maîtrisaient la difficulté d’une écriture cunéiforme, il travaillait essentiellement dans les temples ou les palais, au service de pouvoirs politiques et religieux.

Avec  l’essor des échanges commerciaux au Moyen Âge, il sera sollicité pour la rédaction de contrats légaux, au service des marchands. En 1280, on recensera soixante « écrivains pour le public » à Paris, essentiellement aux abords du Palais. Possédant le « savoir-écrire », toujours précieux dans une société ne sachant ni lire, ni écrire, il demeure le lien essentiel entre le peuple et le pouvoir.

 

Mais l’évolution de la profession reste étroitement liée à l’Histoire. La Révolution, par exemple, viendra mettre un terme à la période prospère de la Renaissance, où l’écrivain public -terme qui apparaît dans les dictionnaires en 1835- a pu étendre ses compétences aux actes juridiques, en plus d’être sollicité par une clientèle aisée pour la rédaction de biographies familiales.

 

De même, l’instauration d’une école obligatoire, gratuite et laïque en 1882 pour tous les enfants de 7 à 12 ans, permettra à la population d’être de plus en plus instruite, donc de lire et rédiger les textes les plus courants. L’illettrisme, peu à peu, disparaît du paysage, entraînant dans son sillage la nécessité de recourir à un professionnel de l’écriture.

 

Pour autant, le métier d’écrivain public ne cesse de s’adapter, et revient en force depuis les années 1980. L’avènement du numérique et la multiplicité des technologies de communication, parfois complexes pour certains, lui permettent de se diversifier dans la correction, la mise en page, les courriers administratifs, le contenu de pages web…

 

Un écrivain public aujourd’hui,  est à la fois un biographe, un correcteur, un conseil en communication écrite, un animateur d’atelier d’écriture, un ami qui entend vos paroles.

Et sa main qui parle pour vous.

 

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